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Ma Fille, tu Seras... Footballeuse ?

Le monde du football féminin se pose la question de l’évolution des règles de ce sport ; beaucoup de voix féministes se dressent contre la possibilité même de cette réfléxion. L’ironie est saisissante : il semblerait, comme sur bien d’autres questions, que plus les féministes “émancipent” les femmes, plus elles tiennent à imiter exactement les hommes. Copier en tout point les modèles masculins, jusqu’à en nier les différences homme-femme : n’y a-t-il un bug ?


On comprend vite que refuser la modification des règles puisse donner l’impression que les féministes nient les différences hommes-femmes (même si, heureusement, ça n’est pas toujours le cas). Ce criant déni de réalité constitue les prémices d’une idéologie dont, en dernière instance, les femmes ressortiront perdantes. Et c’est dans le sport que se déploie toute l’absurdité de ces contradictions lorsque des hommes biologiques s’identifiant femmes concourent aux côtés des femmes.
Le running gag ne s’essouffle pas : que ce soit dans le football, le cyclisme, le volley ou le sprint, les exemples où les transgenres raflent les records sont légion et semblaient marquer (jusqu’à récemment, où les débats font rages) l’abdication du sport féminin face aux méandres de l’Idéologie de l’indistinction (du relativisme mortifère si vous préférez), c’est-à-dire, à terme, sa disparition pure et simple sous le poids de ses propres contradictions.

Sans commentaire.

Au final cependant, qu’on nie ou pas les différences entre l’homme et la femme n’est pas vraiment la question ici. Non, ce qu’il y a c’est qu’elles existent.

Car le fond du problème, c’est la nature même du sport, dont la dimension compétitive, technique et spectaculaire s’oppose à la tendance naturelle du genre féminin pour la coopération et le domaine social – bien illustrée par le « gender paradox » des pays scandinaves où les individus, lorsqu’ils ont le choix, se ségrègent d’eux-mêmes dans les domaines qui correspond à leurs affinités “naturelles” (domaines sociaux pour les femmes et techniques/physiques pour les hommes). 1

(STEM = science, technology, engineering, mathematics)

Même si le jeu peut être “différent”, voir “plus subtil” chez les femmes, la problématique du sport n’est pas d’arriver au bout, mais bien celle d’arriver premier. Et pour ce faire, la stratégie et la beauté du jeu ne sont pas en reste et se retrouvent naturellement chez les grandes équipes (espagnoles notamment).
Certains admettent donc que ne pas adapter les règles à la physiologie des femmes serait “renoncer au spectacle” ; mais “renoncer au spectacle” revient précisément à renoncer au sport lui-même – difficile dès lors d’en attendre une reconnaissance semblable au sport masculin.

Preuve en est, le sport féminin qui marche le mieux est le tennis, dont les règles diffèrent justement ; et c’est pourtant toujours du tennis, en 2 sets (trusté, soit dit en passant, par 2 sœurs qui n’ont de femme que le nom).

On dit des footballeuses qu’elles ne sont pas “sexy” ? qu’elles sont “nulles” ? Là-dessus, je me dois de défendre un peu le beauf et l’orphelin…
Ont-elles pour ambition d’être sexy ? Il ne semble pas que ce soit l’enjeu, et à fortiori ça ne le sera pas puisqu’elles exercent une activité typiquement masculine et c’est un fait biologique que les hommes sont attirés par la féminité. Sont-elles “nulles” ? Le problème c’est que la comparaison par rapport aux hommes ne tient pas : on peut difficilement nier qu’elles ne seront jamais aussi bonnes que leurs homologues masculins…

Morceau choisi :

L’Olympique Lyonnais féminin, l’une des meilleures formations européennes, avec 4 Ligue des Champions remportées, a aussi connu une sévère débâcle face à des équipes de jeunes. Les U16 masculins [joueurs de 16 ans] du club rhodanien s’étaient imposés 7-2 en 2016. En mai 2017, les U15-2 [joueurs de 15 ans] de Chaponnay Marennes avaient eux aussi battu l’OL féminin sur le score large de 6-1. Le club s’en était fièrement vanté sur son site internet.

Sans commentaire…

En réalité, la différence n’est pas “statistique” (le fait qu’il y ait plus de joueurs professionnels que de joueuses n’y changent rien) mais physio-biologique ; elle n’est pas culturelle mais bien naturelle : le résultat de millions d’années d’évolution. Pour s’en rendre compte, il suffit simplement d’observer un cours d’EPS de collège.
On comprend vite que le vrai fascisme consisterait justement à vouloir annihiler ces distinctions pour les faire rentrer dans l’étroit moule de ce qu’en attend la société (ceci n’est pas une reductio at hitlerum mais bien un argument réel \o/).

La plupart des féministes rétorque alors que, de la même manière que le marché du travail ne s’adapte pas aux femmes afin de ne pas les défavoriser par rapport aux hommes vis-à-vis de l’employeur (en permettant un congé menstruel par exemple), les règles des sports féminins n’ont pas à s’adapter aux hommes.
L’analogie avec le marché du travail est intuitive et juste car cela procède effectivement de la même logique.
Le soucis c’est que, dans un cas comme dans l’autre, la concurrence organique et naturelle des hommes se fait sentir, que le marché (du sport ou du travail) soit régulé ou non – et les femmes ne sont pas gagnantes.2

En dernière instance, la question qui se pose est donc : quel terreau fertile permettrait d’exprimer le génie féminin de manière libre et authentique ?
Il est bien sûr absolument hors de question, de mon point de vue, d’interdire aux femmes la pratique du football, bien au contraire ! Mais sans doute y a-t-il un terrain plus propice à leur épanouissement.
J’ai tout de suite pensé au monde associatif, une preuve belle et dynamique de ce potentiel, un espace social (que je connais pas mal) où l’on découvre énormément d’initiatives bienveillantes, vertueuses et utiles à la société dans son ensemble : collectifs anti-pub, associations d’action écologique ou sociale, associations de médiation comme Out ! (dont je fais partie), etc. Les femmes sont majoritaires dans ce milieu, et ça n’est pas un hasard. Les associations sont quelque part la réincarnation des salons bourgeois du XVIIIème siècle.
Réponse non exhaustive, bien entendu, car qui sait ce qui nous attend. Sans doute reste-t-il tout un monde à (re)créer !

Peinture *Une Soirée chez Madame Geoffrin* par Gabriel Lemonnier

“Une Soirée chez Madame Geoffrin” par Gabriel Lemonnier

Les hommes ne se sentent plus hommes, les femmes ne se sentent plus femmes… N’est-il pas temps que chacun redevienne ce qu’il a toujours été ?


  1. À ce sujet : cet article d’Atlantico sur le fameux film norvégien qui rapporte ces découvertes ; Karen Leppel et al., The Impact of Parental Occupation and Socioeconomic Status on Choice of College Major (2001) ; Peter Kuhn & Marie Claire Villeval, Are Women More Attracted to Co‐operation Than Men? (2015).
  2. C’est un débat sur lequel il y a énormément de confusion mais qui se résume en réalité assez simplement : les femmes ont moins de velléité à sacrifier leur vie personnelle pour leur carrière professionnelle .

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